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Cours de Techniques Frigorifiques - Techniciens Supérieurs 2ème année

9. OPERATIONS DE MISES EN SERVICE
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                                                                                                                                  sommaire_general

9.1     MATERIEL DE MISE EN SERVICE- 118

9.2     RECHERCHE DE FUITES- 119

9.3    TIRAGE AU VIDE- 120

9.4     CASSAGE DU VIDE- 120

9.5     CHARGE EN FLUIDE FRIGORIGENE D’UNE INSTALLATION   121

9.6     COMPLEMENT DE CHARGE EN FLUIDE FRIGORIGENE   122

9.7     VERIFICATION DU BON FONCTIONNEMENT- 122

9.8      BRASAGE   123

9.9     SOUTIRAGE ET COMPLEMENT D’HUILE- 124

9.10   RECUPERATION DE FLUIDE FRIGORIGENE   125

Les mises en service constituent les modes opératoires sur les installations frigorifiques et dans une certaine mesure les opérations liées aux dépannages, à savoir :

-          la recherche de fuites de FF

-          le tirage au vide

-          le cassage du vide

-          la charge en FF d’une installation frigorifique

-          le complément de charge en FF d’un installation frigorifique

-          la vérification du bon fonctionnement et les réglages divers

-          le brasage

-          le soutirage et le complément d’huile

-          la récupération des FF

 

9.1         MATERIEL DE MISE EN SERVICE

 Le matériel nécessaire peut se décomposer comme suit :

-          le matériel fluidique (bipasse de service avec 3 flexibles : manifold)

-          l’outillage (clés à cliquet, clés Allen, tournevis pour vis à fente , à empreinte Pozidriv, à empreinte Philipps, pinces, clés mixtes…)

-          l’outillage pour les tubes (cintreuses, coupe tubes, ébavureurs, dudgeonnières pour tubes, poste de soudure portable, paquet de brasure, boîte de décapant, redresseur d’ailette, évaseur de tube, pince à obturer les tubes, pince à perforer les tubes…)

-          l’outillage électrique (pince à dénuder, tournevis isolés pour vis, lampe électrique de poche…)

-          les appareils de mesure (multimètre, pince ampèremetrique, anémomètre, hygromètre, thermomètre électroniques avec sondes d’ambiance, de contact, d’immersion et à  piquet)

-          le matériel pour la détection de fuites (détecteur de fluides électronique, mousse à savon, lampe haloïde)

-          le matériel pour le remplissage (balance de charge électronique et/ou cylindre de charge, pompe à huile manuelle)

-          le matériel pour le vide (pompe à vide, vacuomètre)

-          le matériel pour la récupération de FF (station de récupération, bouteilles de récupération)

-          le matériel pour le test sur le circuit (test de mesure d’acidité, test de mesure d’humidité)

-          les raccords (valves à clapet ou valve shrader, bouchons mâles…)

 

dudgeonniere

dudgeonnière

coupe_tube

coupe tube

detecteur_electronique

détecteur électronique

lampe_a_braser

lampe à braser

cintreuse

cintreuse

manifold

manifold

pompe_a_vide

pompe à vide

flux_decapant

flux décapant

Figure 9.0 : Quelques outillages du frigoriste.

                                                                                                                                      haut_de_page

9.2         RECHERCE DE FUITES

Le matériel nécessaire est constitué d’une bouteille de FF, d’un manifold, d’une bouteille d’azote et d’un détecteur de fuites.

Le mode opératoire s’effectue comme suit :

-          montage du manifold (flexible bleu sur prise BP du compresseur et flexible jaune raccordé à la bouteille de FF)

-          mise sous pression du circuit frigorifique par le FF à une pression de 2 bars (lecture sur manomètre BP) et remplacement de la bouteille de FF par une bouteille d’azote

-          réglage du mano-détendeur à une pression de 8 bars

-          mise sous pression d’azote le circuit frigorifique à 8 bars, fermer et enlever la bouteille d’azote

-          effectuer la recherche de fuites en utilisant de la mousse de savon ou une lampe haloïde (utilisable avec les CFC et les HCFC) ou un détecteur électronique de fuites (adapté au FF introduit dans le circuit frigorifique).

Il s’agit d’une technique de recherche de fuites pour une installation non chargée en FF (par exemple une installation neuve ou une rénovation d’installation).

 

recherche_fuites_ff

recherche_fuites_ff

Figure 9.1 : Montage pour recherche des fuites de fluide frigorigène.

Lorsque l’installation est chargée et en présence de fuites, le FF va se mélanger à l’air atmosphérique sous forme gazeuse, seule l’huile laisse des traces à l’état liquide.

La recherche de fuites peut s’effectuer par le repérage de traces d’huile sur les tuyauteries à condition que l’installation doit être dans un bon état de propreté.

Les fuites se localisent le plus souvent au niveau des raccords, des joints ou des brasures.

La recherche peut se faire à l’aide d’une lampe haloïde ou d’une solution savonneuse ou à l’aide d’un détecteur électronique.

                                                                                                                                haut_de_page

9.3         TIRAGE AU VIDE

Cette opération à pour objectif l’élimination du circuit frigorifique de l’air et l’humidité présents.

Le matériel nécessaire est constitué d’un manomètre, d’une pompe à vide et d’un vacuomètre.

Le principe est de faire passer l’eau contenue dans le circuit frigorifique de l’état liquide à l’état vapeur pour qu’elle puisse être évacuée par la pompe à vide.

Par exemple, pour une température du circuit frigorifique de 30°C, il faut atteindre une pression de 42.4 mbar (tirer au vide) pour faire passer l’eau de l’état liquide à l’état vapeur (voir figure 12.2 ).

 

courbe_saturation_eau

tirage_au_vide

Figure 9.2 : Courbe de saturation

de l’eau.

Figure 9.3 :Montage pour

tirage au vide.

 

 Le mode opératoire est le suivant :

-          montage du manifold (flexible bleu sur prise BP du compresseur et flexible jaune raccordé à la pompe à vide et raccordement du vacuomètre pour le contrôle ultérieur du vide)

-          mettre la pompe en marche et lorsque la pression dans le circuit descend au dessous de 0 bar (lecture sur manomètre BP), vérifier le niveau de vide à l’aide du vacuomètre

-          lorsque le niveau de vide est atteint (pression inférieure à la tension de vapeur saturante à la température du circuit « température ambiante »), arrêter la pompe

Après le tirage au vide, il faut aussitôt effectuer la charge en FF.

                                                                                                                              haut_de_page

9.4         CASSAGE DU VIDE

 Il est effectué après un tirage au vide et consiste à introduire dans le circuit de l’azote.

Aussitôt après le tirage au vide (et avant la charge en FF) :

-          remplacer la pompe par une bouteille d’azote

-          régler le mano-détendeur pour avoir une pression de 1 bar, purger le flexible en ouvrant l’orifice central du manifold et mettre la circuit frigorifique sous une pression d’environ 0.2 bar

-          fermer et enlever la bouteille d’azote,

-          ouvrir le robinet BP du manifold pour faire chuter la pression à 0 bar et raccorder une pompe à vide

-          effectuer un nouveau tirage au vide

C’est une opération qui peut être répétée (trois tirages au vide et deux cassages de vide), elle permet d’avoir une bonne efficacité du tirage du vide avant la charge en FF.

                                                                                                                                 haut_de_page

9.5         CHARGE EN FLUIDE FRIGORIGENE D'UNE INSTALLATION

 C’est une opération qui intervient après le tirage au vide et qui consiste à introduire dans  le circuit frigorifique une quantité donnée d’un FF donné (indications sur plaque signalétique), l’installation étant à l’arrêt.

D’autres techniques telles que les paramètres de fonctionnement peuvent être utilisées pour s’assurer de la bonne charge en FF de l’installation.

 Il existe plusieurs techniques de charge en FF des installations frigorifiques :

-          charge avec cylindre de charge (capacité préalablement remplie de FF)

-          charge à l’aide d’un balance électronique

-          charge utilisant une balance et une bouteille de FF (c’est cette méthode qui sera décrite).

 Le mode opératoire est le suivant :

-          montage du manifold (flexible bleu sur prise BP et flexible rouge sur prise HP du compresseur - flexible jaune raccordé à la bouteille de FF)

-          introduire le FF dans le circuit en ouvrant le robinet de la bouteille de FF et la vanne HP du manifold

-          lorsque la charge est terminée (vérification de la quantité introduite à l’aide d’une balance), fermer le robinet de la bouteille et l’enlever

 Remarques

-          Lorsque les différences de pression ne permettent plus d’introduire du FF et si la charge n’est pas complète, il faut mettre en marche l’installation pour terminer la charge en FF « complément de charge ».

Une autre solution consiste à utiliser une résistance chauffante pour «chauffer la bouteille ».

-          Lorsque l’installation comporte un robinet de charge sur la conduite liquide, la charge peut être effectuée en suivant les mêmes règles, la bouteille étant raccordée à ce robinet de charge (par exemple troisième voie de la vanne 3 voies sur sortie de la bouteille liquide si elle existe par exemple).

 

charge_en_ff

Figure 9.4 : Montage pour charge en fluide frigorigène.

                                                                                                                                    haut_de_page

9.6         COMPLEMENT DE CHARGE EN FLUIDE FRIGORIGENE

C’est une opération qui intervient après une charge en FF lorsque la quantité de FF introduite est insuffisante.

Le mode opératoire est le suivant :

-          montage du manifold (flexible bleu sur prise BP et flexible rouge sur prise HP du compresseur - flexible jaune raccordé à la bouteille de FF)

-          mettre l’installation en marche, ouvrir le robinet BP du manifold et introduire la quantité nécessaire de FF en suivant les indications de la balance

-          lorsque la charge est terminée, fermer le robinet de la bouteille et l’enlever

Cette méthode n’est pas conseillée avec la famille des mélanges zéotropes (R404A, R410A, R407C…).

 

9.7         VERIFICATION DU BON FONCTIONNEMENT

Lorsque les opérations de charge sont terminées, une vérification du bon fonctionnement de l’installation s’impose.

En fonctionnement et si possible lorsque la température du milieu à refroidir est atteinte : la vérification du bon fonctionnement pet s’effectuer par :

-          les constats que :

o        la conduite de refoulement est chaude

o        la conduite liquide est tiède

o        la tuyauterie d’aspiration est froide

o        il n’y a pas de bulles dans le voyant liquide

o        la surchauffe (SH) est comprise entre 4 et 8°C

o        le sous-refroidissement est compris entre 3 et 7°C

o        la température d’évaporation est inférieure de 5 à 10°C à celle de la chambre froide

o        la température de condensation est supérieure de 12 à 15°C à celle de l’air extérieur (condenseur à air)

o        la température de condensation est supérieure de 5°C à celle de la sortie d’eau (condenseur à eau)

-          les vérifications que :

o        les intensités électriques absorbées sont inférieures ou égales aux valeurs notées sur les plaques signalétiques

o        le réglage des appareils de sécurité et de régulation (thermostats, pressostats…) est correct

Les réglages sont effectués en principe à la mise en route des installations.

Ces réglages concernent en particulier :

-          le détendeur thermostatique

-          les thermostats de régulation et éventuellement de sécurité

-          les pressostats BP et HP de sécurité

-          les pressostats BP de régulation

-          la vanne à eau pressostatique

                                                                                                                                haut_de_page

9.8         BRASAGE

Le brasage est l’assemblage de pièces métalliques de même nature ou non avec un métal d’apport en fusion (baguette de brasure), la température de fusion de la baguette étant bien inférieure à celle des pièces à braser. Il existe des baguettes argent (6%, 40 %) qui présentent un point de fusion plus bas et une meilleure résistance que les baguettes cuivre/phosphore.

L’utilisation d’une lampe à braser (figure 9.0) constitue la solution la moins chère et la plus raisonnable pour des utilisations occasionnelles. Cependant pour une utilisation régulière par un professionnel, l’emploi d’un poste de soudure «brasage» (figure 9.5) s’impose.

Un poste de soudure comprend :

-          une bouteille d’oxygène (O2) munie d’un robinet d’arrêt et d’un mano-détendeur, c’est un gaz comburant, la pression dans la bouteille est d’environ 200 bars et la pression d’utilisation est d’environ 1 bar

-          une bouteille d’acétylène (C2H2) munie d’un robinet d’arrêt et d’un mano-détendeur, c’est un gaz carburant, la pression dans la bouteille est d’environ 17 bars et la pression d’utilisation d’environ 0.5 bar

-          un chalumeau qui permet de mélanger le comburant et le carburant afin d’obtenir une flamme qui va faire fondre les baguettes de brasure

-          un flexible (bleu) muni d’un clapet qui assure la liaison entre la bouteille O2 et le chalumeau

-          un flexible (rouge) muni d’un clapet qui assure la liaison entre la bouteille C2H2 et le chalumeau

poste_a_braser

 

Figure 9.5 : Schéma

d’un poste à braser.

 

La combustion du mélange se fait à une température de 3070°C.

Suivant les proportions des deux gaz, la flamme obtenue est dite :

-          réductrice (ou carburante), la proportion de C2H2 est importante

-          oxydante, la proportion de O2 est importante

-          neutre : c’est la flamme idéale qui permet de chauffer et de braser correctement

La brasure consiste à utiliser la flamme du chalumeau pour chauffer la zone d’assemblage afin que la température des pièces à braser soit homogène, c’est cette température des pièces qui va faire fondre la brasure par contact, l’alliage se diffuse entre les parois des pièces et une fois cet espace rempli, il est inutile de charger le point de brasure.

Pour un bon brasage, l’alliage ne doit pas être mis en fusion directe avec la flamme.

Bien entendu, le brasage obéit à un mode opératoire précis et cette opération doit être entourée de mesures de sécurité (présence d’extincteur, protection des yeux…).

                                                                                                                                  haut_de_page

9.9         SOUTIRAGE ET COMPLEMENT D’HUILE

 Le soutirage d’huile est effectué pour :

-          le test d’acidité

-          les analyses d’huile

-          le remplacement d’huile

 Le mode opératoire est le suivant :

-          montage du manifold et fermeture de la vanne BP du compresseur (sur l’avant)

-          mise en marche du compresseur et arrêt lorsque la pression BP atteint 0.3 bar

-          faire une consignation électrique du compresseur

-          raccordement d’un flexible entre le robinet d’huile et le récipient à huile

-          soutirer la quantité d’huile nécessaire et refermer le robinet d’huile

-          ouvrir la vanne BP de service du compresseur (position intermédiaire)

-          déconsignation électrique et remise en marche de l’installation

Le récipient utilisé pour le soutirage doit être sec et propre, de plus il faut éviter que l’huile récupérée soit en contact avec l’air atmosphérique.

Le complément d’huile est nécessaire pour effectuer un remplacement d’huile ou introduire une quantité d’huile manquante.

L’utilisation d’une pompe à huile manuelle est nécessaire. Il faut noter qu’il existe une méthode basée sur l’utilisation d’une pompe à vide.

Le mode opératoire est le suivant :

-          montage du manifold et fermeture de la vanne BP du compresseur (sur l’avant)

-          mise en marche du compresseur et arrêt lorsque la pression BP atteint 0.1 bar

-          faire une consignation électrique du compresseur

-          raccordement d’un flexible entre le robinet d’huile et le refoulement de la pompe à huile manuelle

-          plonger l’aspiration de la pompe à huile dans le réservoir d’huile ou raccorder un flexible entre ce réservoir et l’aspiration de la pompe à huile

-          desserrer l’extrémité du flexible branché sur le robinet d’huile et pomper l’huile du réservoir

-          resserrer cet extrémité quand l’huile en sort (purge) et ouvrir le robinet d’huile

-          pomper l’huile du réservoir pour effectuer le complément d’huile

-          fermer le robinet d’huile à la fin du complément et débrancher les flexibles

-          ouvrir la vanne BP de service du compresseur (position intermédiaire)</